La chaloupe est restée en arrière faute de trouver un passage. Deux cents mètres plus loin, les traîneaux baleinières, après avoir failli vingt fois être culbutés dans les ravins, sont contraints de stopper.
Le capitaine part en découverte accompagné de deux hommes et d'Oûgiouk. Tous trois sont munis de longs crocs pour assurer leur marche et sonder les dépressions remplies de neige.
Ils avancent d'un kilomètre environ et constatent que la voie est absolument interdite aux traîneaux. Seuls les piétons peuvent avancer, quoique difficilement, et au prix de rudes efforts.
Seuls les piétons peuvent avancer
Un peu avant de rejoindre le campement, un des matelots manque de disparaître dans un trou plein d'eau vive et dissimulé sous une épaisse couche de neige.
C'est un «trou à phoque», une de ces ouvertures par lesquelles viennent respirer les mammifères prisonniers sous la banquise, et qui, sans ces prises d'air qui ne gèlent pas, périraient d'asphyxie.
—C'est bon, dit en son baragouin franco-groenlandais le sauvage polaire, Oûgiouk va rester là, et il tuera la bête.
Sans plus de façon il s'installe au bord du trou, pendant que l'homme mouillé rallie bien vite le campement.
Malgré le froid, le capitaine et l'autre marin demeurent avec Oûgiouk pour l'aider, en cas de capture, à retirer le phoque.