Les mots d'Alsace et de France reviennent perpétuellement, avec celui de Wasselonne, la charmante petite ville d'Alsace où il naquit, et où sont restés ses vieux parents, fidèles au sol natal et à la mère patrie.
A cette vision d'enfance, à ce souvenir du foyer perdu s'ajoutent les mots de bataille, de revanche, proférés d'une voix rauque, vibrante, malgré tout, comme une dernière et plus indignée protestation contre l'attentat.
Puis, après une crise qui menace brusquement de l'emporter, le malade recouvre un moment la parole, grâce peut-être à une dose de vieille eau-de-vie que le docteur vient de lui faire absorber.
—Capitaine, dit-il, adieu... et vous aussi... matelots...
«Je n'assisterai pas... à votre gloire... et je... ne pourrai pas... aider à votre... succès... avec mes... camarades...
«J'ai fait tout ce que je... pouvais... n'est-ce pas...
—Oui, mon ami, répond l'officier dont la voix tremble, et dont la paupière bat; tu as fait aussi pour moi plus que tu ne devais et je t'en serai toujours reconnaissant.
—Merci!... capitaine... et en travaillant de... tout cœur... pour vous... je travaillais aussi... pour la France...
«Camarades... matelots... si j'ai offensé quelqu'un de vous... qu'il... me... pardonne...
«Je vais mourir... fidèle à mon drapeau... en vrai fils d'Alsace... eu luttant contre l'autre... celui qui l'a volée... mon Alsace...