«Capitaine... je veux le voir encore... mon cher pavillon...

«Et toi, Parisien... chante la vieille Alsace!...

«Je mourrai heureux...»

Epuisé par cet effort, le moribond retombe lourdement sur son sac, mais l'aspect des couleurs françaises aussitôt arborées à l'entrée de la tente, et se détachant en vigueur sur la neige, le galvanise.

Tenant toujours la main du capitaine, il tend l'autre au Parisien qui a toutes les peines à retenir ses larmes.

Le Parisien peut à peine retenir ses larmes

Les marins, émus, frissonnants, étreints jusqu'aux moelles par cette scène tragique, se pressent en cercle autour du groupe qu'éclaire un soleil radieux. En dépit d'un froid toujours vif, la tente s'entr'ouvre sur l'horizon de glace, et laisse pénétrer une lumière crue, encore avivée par la neige et les facettes qui la réfléchissent.

—Chante!... ami, reprend le mourant.

«Si je n'ai pas été... toujours... un chrétien fervent... le bon Dieu... me pardonnera... parce que j'ai aimé ma patrie... et il me tiendra... compte... des larmes... et du sang... que j'ai versés... pour elle.