Et pourtant, cela est!... Pourquoi?... Pardieu! parce que cela est!

Donc, malgré ce résultat stupéfiant, le capitaine est visiblement préoccupé, inquiet, même.

Chose étrange, bien faite pour légitimer cette inquiétude, des traces d'abord presque invisibles viennent de lui apparaître à plusieurs reprises.

Des érosions profondes, qui, semble-t-il, ne peuvent avoir été faites que de main d'homme, se montrent çà et là, comme pour attester le passage de voyageurs venus antérieurement.

A cette pensée d'Ambrieux se sent frémir.

Eh! quoi, tant de travaux, de misères, de souffrances deviendraient inutiles. Le pauvre Fritz serait mort à la peine, ses compagnons endureraient là-bas les angoisses de l'attente aujourd'hui, et demain les tortures de la faim... Les quatre enfants perdus qui s'avancent, au prix de quelles fatigues écrasantes, seraient frustrés, au dernier moment, de l'espoir d'une découverte dont ils n'envisagent peut-être pas toutes les conséquences, mais à laquelle ils concourent intrépidement, de confiance... Cette gloire unique dans les fastes de la civilisation serait enlevée au chef qui a conçu et mis en œuvre ce plan grandiose, et en touche du doigt la réalisation!...

Car, il n'y a pas à en douter d'autres hommes sont passés par là, avant les marins de la Gallia.

L'époque de ce passage est indécise, car la glace peut rester inaltérée pendant de longues années, comme aussi subir des modifications résultant d'écrasements ou de pressions qui la déforment instantanément.

C'est miracle, vraiment, que les hommes n'aient point aperçu jusqu'alors ces vestiges qui, comme on dit vulgairement, crèvent les yeux, tant ils portent l'empreinte non seulement du passage brutal, mais encore et surtout de l'industrie humaine.

Une pente abrupte se présente tout à coup en face de la petite troupe éreintée.