«Ont signé: Jean Itourria, Dumas, Michel Elimberri, matelots; Farin, chauffeur; d'Ambrieux, capitaine.»

Le flacon fut rebouché, puis cacheté avec du brai, et replacé dans le cairn, qui fut réédifié avec soin et surmonté de sa hampe de bois.

[IX]

Le froid diminue.—Encore un obstacle vaincu.—Nouveau souvenir au pays du soleil.—La mer!... La mer!...—Le traîneau est à son tour porté.—En bateau.—A quinze heures du Pôle.—Entrain magnifique.—Coup de sonde.—Stupéfaction.—Un fond de vingt-cinq mètres.—Brusquement le fond tombe à deux cents mètres.—Les idées du Basque Michel.—Tout dérive, le bateau, les glaces, la mer elle-même.

Cette journée du 30 avril devait être fertile en événements.

Les cinq hommes après avoir réédifié le cairn du capitaine Markham retrouvé de si étrange façon, et si loin de la latitude observée par l'officier anglais, avaient repris leur marche vers le pôle.

Marche terrible, semée de heurts et de chutes, épuisante par la continuité d'efforts surhumains et de privations dont rien ne faisait présager la fin.

La petite troupe halant intrépidement avec les chiens sur le traîneau venait, après avoir atteint, puis franchi une série d'escarpements vertigineux, s'échouer sur une plate-forme dépourvue de neige, et constituée par un glaçon colossal.

Chose étrange, plus on monte, plus la température paraît augmenter. Au lieu d'être saisis comme le matin par un froid plus vif, à mesure qu'ils s'élèvent, les marins transpirent avec une abondance incroyable, à tel point que le capitaine fait enlever les surtouts de toile, quitte à les remettre si le froid reprend brusquement.

Mais non. Le thermomètre, d'accord avec eux, indique seulement une température de −17°, et cela, sur une colline de glace complètement nue, et bien qu'il soit sept heures et demie du soir.