« Puis, maternellement, je l’ai pris par la main, je l’ai forcé à s’étendre. Il avait des mouvements spasmodiques et les muscles raides comme un somnambule.

«  — Reposez-vous, ami, vous êtes malade. Mais je vous guérirai. Nous vous guérirons.

« A le contempler ainsi misérable, une épouvante m’envahissait et il me semblait qu’un être mystérieux possédait, torturait, dégradait ce corps que j’avais tant aimé, ce visage où tant de flamme avait lui.

« Et, sans doute, il en est ainsi. C’est pourquoi ma pitié et mon amour l’ont emporté sur l’horreur causée par ces aveux. Florent n’est pas responsable.

« Florent est en proie à une terrible folie. Mais est-ce que certaines folies ne se guérissent pas, docteur ?

«  — Certainement, si, chère amie. Il y a dans nos cliniques de nombreux cas de guérison. Le cas de Florent n’est pas absolument nouveau…

«  — Alors vous guérirez Florent ? Vous me le rendrez ?

«  — Je vous le rendrai, sain, normal, heureux.

«  — Je ne l’oublierai jamais, mon vieil ami.

« Je l’accompagnai jusqu’à sa voiture. Elle se pencha à la portière, agitant sa main gantée de sombre. Je me souviens. C’était l’automne. L’avenue se perdait dans la brume violette du soir.