— N’ayez aucune crainte, dit Van den Brooks, nous arrivons.
On entendait déjà le mugissement des flots et la sourde détonation des vagues sur les brisants. Van den Brooks tourna brusquement à droite. Helven, qui se tenait immédiatement derrière lui, distingua sous le rayon direct de la lampe une paroi de rocher et une plaque de cuivre. Un ressort joua et, presque à plat ventre, la petite troupe pénétra par une ouverture circulaire dans un puits de ténèbres et de silence.
Clac, le bruit sec d’un commutateur. La lumière ruisselle sur les parois rugueuses d’une crypte. La paroi granitique s’empourpre comme d’un sang fraîchement versé. De petites facettes de mica scintillent et, dans l’ombre de la voûte, c’est un battement d’ailes nocturnes effarouchées.
Marie Erikow affectait une audacieuse assurance.
— En plein roman, dit-elle. Vive Van den Brooks !
Helven songeait :
— Il doit y avoir une fissure dans la voûte, puisqu’il niche ici des oiseaux de mer et que l’air n’est pas vicié.
Mais il fut arraché à ses déductions policières par l’attitude du marchand.
Celui-ci se tenait debout au centre de la crypte, la barbe étincelante de rayons. Ses lunettes brillaient d’un éclat vraiment diabolique. Il semblait l’officiant de quelque rite obscur et cruel.
Soudain, il se baissa, prononçant des paroles incohérentes. Un disque de pierre tourna et un coffre d’acier vint émerger automatiquement à la surface ; il y eut un déclic. Avec des mouvements dont il réprimait mal la fébrilité, le maître du navire fit jouer les serrures, puis, d’un grand geste, il releva le couvercle pesant :