— Regardez, cria-t-il, regardez…

Sous les feux des lampes électriques, un prodigieux trésor s’enflammait comme un brasier. C’était un sabbat de pierreries, une orgie d’émeraudes, de rubis, de topazes ; des grappes de perles s’écroulaient ; les yeux troubles des opales luisaient ; les saphirs faisaient songer aux sultanes des mille et une nuits ; les améthystes, à d’éblouissantes religions. Deux escarboucles roulèrent sur le sol ; Marie Erikow les prit dans l’ombre pour des prunelles de chat.

Van den Brooks, transformé, frénétique, plongeait ses coudes dans le coffre, brassait les diamants et retirait par instant ses mains qu’il tenait hautes, comme s’il eût voulu égoutter leur magnificence.

— C’est beau comme la mer phosphorescente, c’est plus beau qu’elle, haletait-il. C’est du sang, c’est du feu, cela brûle, cela grise. C’est à moi, à moi. C’est mon vin, ma folie, ma divinité…

Tramier prit le bras d’Helven :

— Ces trésors sont prodigieux ; mais toutes ces pierres sont peut-être fausses. En tout cas, je crois notre hôte décidément fou et en bon chemin pour la paralysie générale.

— C’est une opinion, chuchota Helven.

Il se tut, car Van den Brooks se retournait. Le maître de l’île avait repris son calme.

— Savez-vous, dit-il, qui m’a livré ces trésors fabuleux ? Il y a là pour des millions et des millions de pierreries, des diamants gros comme des œufs, des perles roses et noires. Savez-vous qui m’a fait cette largesse ?

« La mer, continua-t-il gravement. Et regardez ce qu’elle m’a livré aussi.