L’alcool. Ils n’ont que de l’alcool.

Helven prend sa tête entre ses mains.

— J’ai été fou — fou. Pardonnez-moi de vous avoir entraînés dans cette aventure…

— Nous sommes tous responsables de notre infortune, dit le professeur. Et je suis le plus coupable de tous, parce que le plus vieux. Nous avons agi comme des enfants.

— Nous sommes partis comme pour une promenade, dit l’avocat, et comme si l’on attendait un navire sur l’océan comme un omnibus sur le boulevard.

— Ce Van den Brooks m’a fait peur, je l’avoue, confessa Tramier. Et la peur m’a enlevé toute prévoyance.

— Il faut agir, reprit énergiquement Helven.

Il tira de sa poche une boussole, s’orienta.

— Il faut voguer vers le sud, si nous voulons trouver un navire. Mais nous avons de fortes chances, dans ces parages, de rencontrer une île qui n’aura pas un aliéné pour propriétaire. L’île Van den Brooks n’est pas isolée : elle fait partie d’un archipel. Nous aurons bien de la malchance si, en voguant dans la direction qui doit être celle des Marquises, étant donnée la route suivie par le Cormoran, nous ne trouvons pas une aiguade et un poste quelconque.

— Après tout, dit l’avocat, le Pacifique est assez bien fréquenté et nous ne sommes plus au temps de la Méduse.