« Como se quiere il dinero,

« Como se quiere una madre,

« Ti quiero… »

C’était une supplication. La voix s’infléchissait avec une tendresse douloureuse, montant jusqu’aux étoiles et retombant doucement sur la crête lumineuse des vagues. Un Espagnol chantait, s’accompagnant d’une guitare :

« Una noche en que la luna

« No daba su luz tan bella… »

Une mélodie grave soutenait les paroles et ce chant sauvage et passionné d’hommes qui ne rient pas. L’amant ouvrait la tombe de la bien-aimée et recouvrait le cher visage d’un mouchoir, pour que la bouche tant de fois baisée ne mordît pas la terre :

« Porque no mordie la tierra

« La boca que io besé… »

Marie Erikow avait complètement fermé les yeux. Helven pouvait voir tressaillir légèrement ses lèvres et il se sentit mordu d’une jalousie sourde pour ce chanteur inconnu.