Puis ce furent des danses : le zapateado endiablé, la jota :

« Es la jota que siempre canté,

« La jota di mi tiera… olé, olé. »

un tango presque tragique que cadençait la guitare au son voilé par la main aplatie du musicien ; une habanera où vibrait la nostalgie des danses sous les platanes lorsque les filles aux seins tendus et cambrant la cheville affrontent les gars bruns qui vont, la cigarette aux lèvres et le sombrero sur les yeux.

Emportés par le rythme, les matelots espagnols faisaient claquer leurs doigts, pour marquer la cadence ; mais le chanteur invisible continuait son chant.

Quand il s’arrêta, l’étendue se fit silencieuse et vide.

— Lopez, dit Van den Brooks, arrive ici.

Dans l’ombre, une silhouette surgit. Marie reconnut le barreur du canot et elle en éprouva un bizarre tressaillement.

— Mon garçon, dit Van den Brooks, tu chantes trop bien. Prends garde à toi : cela te portera malheur.

Et il lui tendit un cigare.