— En première, mon Père.
— Nous disions autrefois en rhétorique ! Et vous suivez l’enseignement classique : latin, grec ?
— Oui, mon Père.
J’ajoute, déjà prêt aux confidences :
— Je n’ai de goût que pour les lettres.
Le Père sourit. Il s’en doutait.
— Elles sont l’ornement de notre vie. Mais il ne faut pas chercher dans les livres une simple délectation de l’esprit. Le jeu de l’intelligence est un jeu aussi vain et plus dangereux que les grossiers divertissements de la multitude. Si Dieu vous a fait le don si précieux de discerner et d’aimer la beauté dans les œuvres des hommes, n’en mésusez pas. Souvenez-vous que Dieu est le Beau suprême et que tout ce qui ne le reflète pas est mensonge, faux brillant, fruit plein de cendre.
Il s’arrêta. Une pendule marquait l’heure dans le silence blanc. Une boiserie craqua.
— Vous aimez beaucoup la lecture ? reprit-il.
— Oui, mon Père. Passionnément !