— Lortal ! Il ferait bon partir.

Je ne peux voir son visage. Mais il me prend la main. Sa main est froide.

— Par ici, je me reconnais !

Voyages, départs… paquebots gémissants sur leurs chaînes…

Où sommes-nous ?

Une sorte d’impasse. Une ombre visqueuse stagne entre des murs bas. De la boue. Derrière une taie rouge, au fond, brûle une lampe. On dirait d’une lanterne promenée sur l’eau, par des contrebandiers, une nuit sans lune. Un aboiement. Puis, dans le marécage d’ombre, des voix, des rires.

— Qui est là ? râle une gorge éraillée.

Les vitres tintent de rires écarlates. Un piano mécanique claque de toutes ses dents, déclenche une valse épileptique : « Nous cueillerons des lilas et des roses. » Dans un rectangle de lumière, une ombre surgit :

— Entrez donc, les enfants !

Toute la lumière derrière elle, je ne peux distinguer son visage, masque blanc. Une mantille retombe le long des joues. C’est la face même de la mort.