— Tu t’en doutais, — hurla Miguel, — tu t’en doutais et tu m’as envoyé là-bas. C’est une honte. Qu’as-tu besoin d’un placer, toi qui entasses l’or dans tes coffres, toi qui es riche ?
— Tais-toi ! — ordonna don Antonio.
— Non, je ne me tairai pas. Et puis tout le monde le sait à Puerto-Leon, que tu caches ton argent ! Un jour on viendra te le prendre. Et ce sera bien fait.
— Tais-toi, misérable ! — criait don Antonio.
Les voleurs allaient entendre les paroles du fils et arriver pour piller l’or, l’or adorable entre toutes choses.
Et comme Miguel parlait encore, furieux, hors de lui, il courut sur son fils, le bras levé.
Teresa couvrit de son bras la tête de Miguel et lui mit une main sur la bouche.
Don Antonio, la tête basse, s’éloigna, les mains dans ses poches, grommelant :
— Chien ! Chien ! il me vendrait.
Tel fut le retour de Miguel Sampietri.