— Les hommes ne marcheront plus. Ils sont satisfaits.

— Les hommes marchent toujours, — ricana Carvès. — Et, si tu veux, tu pourras rester, pour appliquer la bastonnade à ces nègres paresseux, à ces chiens qui ne sont bons qu’à chaparder et à porter des ballots. J’emmènerai les autres.

— Où ?

— Plus loin, dans la montagne.

— Mais nous n’avons plus de vivres. Il faut attendre que l’on nous ravitaille.

— Attendre ! La fortune court pendant ce temps-là.

— Seriez-vous impatient, Carvès ? — interrogea Letchy. — Moi, j’ai attendu si longtemps !

Carvès resta silencieux. La braise de sa cigarette palpitait. A cette lueur, je distinguai son regard fixé sur le visage de la jeune femme.

— Patron, — disait le Basque, — voici la production des battées du jour en onces. Elle est en baisse sur hier. Chaque jour, elle décroît un peu.

Carvès hocha la tête.