Je dis à Javotte :

— Il s’impatiente. Il comptait peut-être se promener avec vous. Olive a dû lui dire que vous étiez là.

Elle me répond :

— Ne nous occupons pas de lui, je vous prie. Si cette façon singulière de monter la faction devant votre porte signifie ce que vous dites, je m’étonne qu’il n’en ait pas compris l’inconvenance. Nous n’allons pas paraître le remarquer. Est-ce que je dépends de ce monsieur, par hasard ?

Elle ajoute avec une expression de regret :

— Mais vous voyez, c’est comme une conjuration : tout le monde me chasse de chez vous, aujourd’hui.

— Oh ! ma petite Javotte, proteste ma mère, que dites-vous là ? Vous savez très bien que je suis heureuse de vous voir ici. Vous ne croyez pas cela, je pense. Mais moi-même, est-ce qu’il ne faut pas que je me prive de parler souvent quand je vois qu’André s’anime ?… Je suis toute la journée comme un crampon. Quand il a trop lu ou bien s’il écrit une lettre un peu longue, j’interviens… C’est un rôle bien ingrat, allez…

Le pas de Paul dans le couloir n’a pas cessé. Alors, ma mère se décide à ouvrir la porte.

— Entrez, Paul. Que faites-vous là ?

Il entre. Il a cette raideur et cette pâleur que lui donnent l’inquiétude et la jalousie. Il s’incline devant Javotte.