Je ne regarde personne. Je sens que tous sont émus et graves, même ceux qui savaient déjà ce qui se dirait ici.
Le silence est bon maintenant comme une détente.
Le cristal d’un verre tinte sous un ongle.
Un œillet beige, dans la vasque où ils sont en forêt, plie sur sa tige et la casse. Dehors, une auto lointaine traîne la plainte de sa sirène au-dessus des jardins.
Voici l’heure du café et des fumées.
Nous passons au salon en riant. Comme il fait gai dans ce salon sans mystère ! Il y rôde une âme bourgeoise dénuée de secrets, de mensonges et de combats.
— Chère hôtesse, déclare Cardiette, votre café est oriental comme le harem le plus choisi, mais dans trois minutes, je fuis.
— Nous fuirons avant vous, répond Cobral et nous emmenons Mlle Pray… Vous viendrez l’applaudir sans doute, Madame ?
— Avec joie… vous applaudir l’un et l’autre… comptez sur moi… Mais si vite… partir si vite…