Que faire ? que savoir ?
Un prétexte. Je ne sais ce que je leur dis. Probablement que j’ai oublié mes gants ou je ne sais quoi ; mes explications ne sont pas remarquées. Et je retourne sur mes pas.
Le salon.
Face à face, assis au coin du feu, le général et Cardiette occupent confortablement leurs fauteuils. Ils ont aux mains leurs cigares qui livrent une mince tige de fumée. L’odeur de ce tabac donne le vertige.
Ils sont immobiles. Les yeux clos.
Qu’a-t-on fait ?
J’approche. J’écoute à chaque poitrine. Le cœur bat, paisiblement. Ils sont endormis. Ils viennent de s’endormir. Et je sens un poids sur mes paupières, une lassitude aux épaules. Vite, je m’évade de cette fumée perfide qui endort.
Mon absence a duré peu de secondes. Cobral, seul, l’a remarquée et ses yeux crèvent les miens de leur violence glacée. Il m’ordonne de me taire. Nous verrons bien.
Quinze heures.
Cobral diffère une explication qu’il sera forcé de me donner. Une explication que je le forcerai de me donner. Il ne m’a pas une fois regardé en face depuis l’au revoir de Mme de Hocques.