Il devine qu’il est deviné.
Qu’ai-je deviné ? En somme qu’ai-je deviné ?
A la fin d’un repas bizarre — où les propos tenus furent si fantastiques et si fous que je ne sais plus réellement si je les ai entendus — j’ai assisté à un drame.
Deux hommes se sont endormis pour avoir fumé des cigares offerts par notre hôtesse. Ils sont tombés dans une quasi-léthargie avant même de sentir le goût de ces cigares foudroyants. Je sais qu’ils ne sont pas morts. C’est trop qu’ils dorment.
Mme de Hocques est une aventurière. Je sais l’histoire de sa vie cependant. C’est une des plus nobles figures de la noblesse française. Non ! L’évidence condamne tout plaidoyer. Elle a endormi chez elle un chef militaire et un chef politique. Pourquoi ? On n’endort pas les gens par plaisanterie. On n’endort pas ceux-là : à moins d’avoir très besoin de leur sommeil. Pourquoi est-il nécessaire à Mme de Hocques d’endormir ce général et ce ministre ?
Elle obéit.
Elle n’a pas de volonté certainement. Elle obéit à Cobral.
Ah mais, je ne vais pas me demander pourquoi elle connaît Cobral ? J’ai appris en quelques heures qu’il signait amitié avec chacun selon son gré. N’ai-je pas vu qu’il était l’ami de Sainte dont je croyais ne pas ignorer les amis ? Et chez Mme de Hocques rien ne m’est intime. Comment être surpris de ses affections secrètes ?
Voilà qui n’est plus une affection secrète.
Plus rien n’est secret. Rien n’est encore clair. Il faut aller jusqu’à la vérité. Où ?