Cobral hausse les épaules.
— Je le savais, bougonne-t-il.
Il sort de son portefeuille une lettre cachetée et m’entraîne hors de la tribune. Il appelle le premier huissier qui passe.
— Voulez-vous remettre ce billet à M. le Président, s’il vous plaît ? C’est de la part de M. René Cardiette. Je suis le nouveau secrétaire de M. René Cardiette. Faites vite.
L’huissier s’empresse.
Nous rentrons dans la tribune. Le président a pris dans une serviette de maroquin les pages d’un discours. Il sonne pour imposer le silence qu’a rompu le jet d’enthousiasme où la curiosité a sa part.
Le silence revient, total.
Debout, maigre, élégant, net, le président s’enorgueillit de cette parole qu’il va faire sienne et sa voix part comme un trait :
« Citoyens… »
Le mot porte une émotion dans toutes les mémoires de cette France représentée.