Je tranche :
— Vous connaissez Cobral, de nom tout au moins. Rappelez-vous : Cobral… Cobral…
Il ne se souvient pas.
Cobral sourit.
— Ne parlons pas de moi… Je ne vois pas pourquoi monsieur se rappellerait mon nom… Je n’ai jamais fait parler de moi… Ce n’est pas aujourd’hui que je commencerai…
Fagan tourne des commutateurs. Enfin nous ne sommes plus dans cet ensevelissement de ténèbres. J’étouffais sous le poids de l’obscurité.
— Vous n’êtes pas ému ? blague Fagan qui me voit respirer difficilement… Nous vous avons eu quelques semaines parmi nous… Il n’y a pas si longtemps…
— J’étais un piètre journaliste à vos yeux ?… Trop avide de ne voir que des spectacles pittoresques et de les décrire à mon aise… J’ai toujours rechigné devant les reportages médiocres, où il faut traiter, sans caractère et sans violence mais avec sobriété, goût et art, des questions insignifiantes.
— Vous êtes le même être impossible toujours, admire narquoisement Fagan… Et vous n’êtes pas ému de revoir votre ancien bureau ?
— Pas ému. Etonné de n’avoir jamais remarqué l’état de ruine et d’inconfort où est tenue cette pièce, réservée pourtant à six ou sept personnages presque tous délicats.