— Raccrochez le récepteur aussitôt.
Et Cobral braque son revolver.
Fagan n’a pas d’armes, et son dévouement ne servirait pas à empêcher la fuite de Cobral. Il raccroche le récepteur.
— Maintenant téléphonez à l’imprimerie.
Cobral est tout contre lui, le canon du revolver sur la nuque. Il faut céder. Que faire ? Je suis paralysé. Et si je bouge, c’est sur moi que Cobral tirera.
— Si l’un ou l’autre fait un geste, je tue M. Fagan. Cela serait absurde.
Fagan parle dans le téléphone. Il répète ce que Cobral lui souffle : Ordre de remettre les machines en marche. Une édition nouvelle est commandée pour dix-huit heures. Et il dicte la note de Cobral :
« M. René Cardiette écrit à l’Exigeant : « Le général et moi renonçons à tout acte belliqueux et invitons le peuple Français à approuver la paix que nous réclamons dans les vingt-quatre heures. »
— Une manchette extraordinaire, intime Cobral. La moitié de la page occupée dans toute sa largeur par ce titre : « La paix sera signée demain. » Et en sous-titre : « Le gouvernement français et l’état-major décident de suspendre définitivement les hostilités. »
Fagan est blême. Il cherche, en obéissant, le moyen de terrasser Cobral. S’il savait que je suis prêt à le seconder ! Mais il me croit le complice de ce bandit. Cobral est un bandit. Et c’est un bandit qui vient d’Allemagne.