Si ces lignes paraissent, l’émeute dévastera Paris. Il ne faut pas qu’elles paraissent. Je saurai agir. Je dois agir.
— C’est tout, dit Cobral. Allons au bar.
Et à Fagan :
— S’il vous plaît, mon cher Fagan, passez le premier, vous ne pouvez rien. Il faut céder. N’essayez pas de me faire prendre. Car je vous abattrai instantanément et je ne serai pas commode à coffrer ensuite. Soyons amis, c’est plus pratique.
Nous sortons.
La veilleuse clignotte encore dans l’antichambre. Personne.
Qui de nous trois est la véritable victime ? Et quel est le fou ?
L’escalier. La voûte. Notre attitude ne peut révéler notre pensée. Fagan, l’esprit tendu ardemment vers le geste qui arrêtera la catastrophe en route, n’a pas une ombre de sang au visage. Cobral cache son revolver dans la main ; il marche entre nous deux. Nous passons très naturellement devant la concierge.
— Il n’y a pas de lettres pour moi ? lui demande Fagan avec un petit tremblement de voix.
— L’auto n’est pas encore là ! crie Cobral. Harry est un imbécile ou Nanni un malappris. On ne prive pas les gens de leur auto dans une pareille circonstance. Que devons-nous faire ?