Je suis tellement bouleversé par la scène précédente que je ne sais répondre.

Je demande :

— De qui parlez-vous ?

— Sainte, où est-elle, où est-elle ?

— Hé, je ne sais pas, nous l’avons quittée au même moment ! Vous lui avez dit de vous rejoindre ici ?

— Pourquoi tarde-t-elle ? Un malheur est arrivé. Pourvu qu’elle ne soit pas morte…

Cette détresse est très jeune. Je ne me soucie pas de Mlle Pretty Pray. Les femmes sont ingénieuses dans n’importe quelle aventure. Pretty est plus femme que les autres femmes. Il n’est personne qui soit aussi femme que Pretty. Pretty ou Sainte, comme vous voudrez.

— Vous ne pensez pas, gémit Nanni, qu’elle soit en danger ?

Quel danger ? Oh ! que ces gens de passion sont ennuyeux ! Quel danger menacerait cette petite bonne femme habile ? Elle a dit qu’elle viendrait. Elle viendra. Et c’est tout. Ridicule Nanni, qui tremble pour une gamine sur laquelle il s’imagine avoir tout soudain des droits. On ignore pourquoi il aurait des droits sur elle. Convoitise humaine ! Ambition, prétention, orgueil !… Misère…

— Il est six heures, dit Nanni, et la matinée peut ne pas être finie… Mais dans une demi-heure je vais aux nouvelles.