— Cobral a voulu cela, soupire Nanni. Je n’y connais rien. Il eut mieux valu me laisser agir. Je me demande même s’il n’est pas imprudent de désarmer ce côté-ci avant de blesser l’autre.

— C’est la première fois que vous vous le demandez ?

— Oui, et la dernière. Car ce qui est fait est fait. Philosophie à bon marché, mais la seule permise par les circonstances pressantes. Si nous avons commis des fautes, il est trop tard pour se repentir. Des actes ! des actes ! Il n’est question que d’agir.

Ho ! le même mot qui me tarabuste le crâne ! Agir ! Agir !… Nanni est fou à lier.

— Vous pensez, lui dis-je, que tout n’est pas irréprochable dans notre conduite.

— Sainte ne doit pas être gênée à cause de nos entreprises. Si Cobral l’a mise dans l’embarras, c’est un crime. C’est un crime que je châtierai. Oh ! je ne veux pas. Mais qu’elle vienne ! qu’elle vienne !

— Vous ne saviez donc pas tout ce que Cobral voulait faire ?

Nanni me regarde, hagard.

— Je ne comprends pas ce que vous dites. Cobral voulait faire quelque chose ?

— Nanni, vous ne m’écoutez pas. Comment pourriez-vous comprendre ? Dites-moi seulement si Cobral est votre ami.