— Qui ? Oh ! je connais Sainte depuis des années. Je la connais et je ne la connais pas. Elle est très belle. Elle a eu toutes sortes de talents. Des talents artistiques. Elle me plaît. Il faudrait pouvoir ne jamais aimer.
— Depuis combien de temps connaissez-vous Cobral ?
— A déjeuner, je souffrais, figurez-vous. Et cela s’est dissipé. Je suis dans une torpeur hallucinée. Je n’y suis plus, à vrai dire, puisque j’ai cette frayeur de ne pas savoir… Où est-elle ? Où est-elle ?
— Après tout, vous valez mieux que lui. Aidez-moi. Je veux que l’Exigeant ne paraisse pas. Je l’ai promis.
— Cela m’est égal, mon cher… Pourquoi l’Exigeant ne paraîtrait-il pas ? C’est un journal.
— Vous vous moquez de moi, Nanni.
Il passe ses petites mains dans ses cheveux exaltés.
— Je me moque de vous ? Pourquoi ? Je ne pense qu’à elle. Vous me la retrouverez, dites ?
Comme il est las ! Tout s’est rompu en lui. L’amour revenu et l’extrême inquiétude l’ont martyrisé.
— Vous me parlez, Nanni, comme si vous ne saviez rien de Cobral.