Je suis lâche. Je suis lâche.
Il est sur ses gardes peut-être, tout angoissé que je le sente. Il est plus fort que moi. Si je manquais le coup, il s’évaderait et serait imprenable. Patience, donc ! La ruse l’encercle. La Justice est en marche.
Chez Pottier, Cobral ordonne le menu, sans me consulter. Mais son arrogance est presque attendrissante. Accroche-toi, pauvre homme, à ton orgueil qui surnage dans la débâcle ! Tu sens le flot, qui t’assaille et te bat comme une falaise minée jusqu’à l’os.
Je parle trop. J’entreprends cent histoires inutiles. Je les narre mal et je ne les finis point. Quelle nervosité dans le triomphe !
Triomphe ? Pas de gros mots. De la douceur, du silence, de la patience.
— Nous dînerons vite, dit Cobral, et nous irons au Bourget voir Nanni. Il ne faut pas se priver de le voir avant son départ…
Il ajoute finement :
— J’ai laissé l’auto devant le Black Bar. Je ne tiens pas à être suivi jusqu’ici par des importuns. Peut-être en est-il quelques-uns après l’incident du Trocadéro ?
— Et après les autres incidents ?
— Oh ! pour les autres nous avons été si prudents qu’il est impossible de nous trouver.