— Qui êtes-vous ?
— Je vous le dirai à mon bureau. Suivez-moi. J’ai un mandat d’amener parfaitement en règle.
La demi-douzaine de gaillards herculéens qui l’accompagnent entourent Cobral. Je sens qu’ils sont à l’affût de sa résistance pour le mater. Ils surveillent les mains de Cobral et ses poches où il a une arme sûrement. Ne va-t-il pas, d’un bond de tigre, se débarrasser d’eux ?
Il répond cérémonieusement au salut de son interlocuteur.
— Je suis ennuyé au plus haut point, dit-il. Cette arrestation ne vient que d’un malentendu et par malheur me fait perdre un temps précieux. Mais je vais m’en expliquer au plus vite, et je ne gâcherai peut-être que un ou deux quarts d’heure. Je vous suis, Monsieur.
J’interviens pour l’apparence.
— Ne puis-je me porter garant de la liberté de monsieur ? Peut-être mon témoignage vous expliquera-t-il le malentendu certain… Voici mes titres dans la presse parisienne.
L’homme de la police qui est doux et élégant, sourit avec une amabilité considérable, c’est-à-dire incorruptible.
— Je vous prierai seulement d’accompagner votre ami au commissariat où vous direz ce que vous savez.
— Vous ne me demandez pas mon nom ? dit Cobral.