Je devine en Cobral le juron intérieur que j’ai déjà entendu. Il la regarde méchamment. Il se domine.

— Il ne faut pas la retenir, dis-je à Kennedy. Finis-en avec elle et laisse-la partir. Je te jure qu’elle doit être ce soir dans un endroit où elle a devoir d’être.

« Merci », disent les yeux de Sainte.

— Je vais la congédier et te congédier aussi, répond Kennedy. Je sais qui vous êtes l’un et l’autre. Mademoiselle est une comédienne de talent et d’une belle réputation : elle a causé aujourd’hui un scandale fâcheux à la matinée du Trocadéro. Elle s’en expliquera demain, et je sais à peu près comment cela s’est produit. Car j’ai vu ton ami Moquin au café tout à l’heure. Là aussi il n’y a qu’un coupable. Donc, ne craignez rien, Mademoiselle.

Cobral interrompt.

— Je suis heureux, Pretty, que vous n’ayiez pas d’ennuis à cause de cette tentative sincère et maladroite.

— Et toi, me dit Kennedy, tu es victime d’une illusion du même genre. Ce que m’a dit Moquin est une grande clarté qui vous innocenterait si l’extérieur de la question pouvait me tromper.

— Nous partons ?

— Je n’ai plus rien à vous demander.

— Je pars aussi, dit Cobral, car le même but m’appelle, ce soir.