Il ouvre une serviette et met sous les yeux de Cobral des photos, des lettres, des coupures de journaux. Cobral ne manifeste aucune surprise. Mais il se tait.

— C’est vous qui êtes édifié ? demande Kennedy. Je n’ai plus rien à vous demander. Ce que je voulais savoir, votre silence me l’a appris. Je connais votre passé, je connais votre journée. Les juges établiront les concordances nécessaires à votre condamnation.

Cobral est obstinément bonhomme. Ses yeux ne sont plus féroces. Sa terreur est cachée sans doute dans sa gorge, car il paraît incapable de parler.

— Un moment, dis-je. Cet individu a endormi aujourd’hui chez Mme de Hocques, à Neuilly, deux personnages augustes du gouvernement et de l’armée. Il faut prendre soin d’eux. Et prendre soin de Mme de Hocques à qui un petit questionnaire ferait peut-être du bien.

Kennedy prend des notes. Cobral cherche son revolver dans sa poche. Un agent se jette sur lui. Le coup part, la balle se perd au plafond.

Cobral sourit. Il regarde les issues. Il regarde les hommes qui l’entourent. Il est vaincu. Je ne sais même pas qui est cet homme.

— Ce crime était inutile, lui dis-je. Pourquoi me tuer, Cobral ? Vous vous êtes servi de moi. De quoi voulez-vous tirer vengeance ?

Il fait une grimace.

— Je ne vous ai pas tué. Je n’ai jamais tué personne !

— C’était une étrenne. Merci. Mais qu’est devenu René Fagan ?