— Allons, dit Kennedy, ton étonnement est admirable. Tu ne sais pas qui tu as approché, mon pauvre ami ?
— Je comprends le scandale du Trocadéro, le scandale de la Chambre et l’Exigeant. Vous vouliez mettre le désordre au cœur de la France ? C’est une sorte de génie. Seriez-vous un croyant, comme Nanni ?
— Ça ne vous regarde pas, jette-t-il. J’ai fait ce que je devais faire. C’est fini. Adieu. Votre Nanni, oui, c’est un croyant. Mais je l’ai vaincu. Et moi, je ne suis vaincu que par moi-même. Je savais que j’étais très fort. Je n’ai pas eu assez de génie. Il en fallait beaucoup. Ah, il en fallait trop.
Il s’isole dans un mépris taciturne.
Kennedy fait signe aux agents de l’emmener. Il me serre les mains comme à un ami sorti d’un grand danger. Il s’incline, respectueux, devant Sainte.
— Mademoiselle Pray, je vous présente mes hommages et je vous félicite de votre généreuse intervention.
Un hurlement de haine. C’est Cobral.
— Sainte ! Vous avez parlé ?
Elle le défie.
— Moi, monsieur l’espion, je ne prends pas de gants pour ôter le masque d’un assassin.