— Assassin ? Eh bien, délatrice, je le serai donc pour vous donner raison.
Il a bondi sur elle, écumant. Les mains aux épaules, les mains au cou, il la tuera. Les agents se sont rués sur lui. Meute dévorante sur le fauve !
— Nanni ! Nanni ! râle Sainte.
Elle s’affaisse, évanouie. Cobral a dénoué le carcan de ses mains. Il est vaincu. Il est tout à fait vaincu. Il n’a pu contraindre sa folie de brute. Il ne l’a même pas satisfaite.
— Fini, dit-il, sous la rudesse déchaînée des agents.
— Il faut bien finir, lui dis-je. Vous aviez fait un beau rêve. Qu’en reste-t-il ? Le revolver a manqué, vos poings ont manqué, et la haine a manqué puisque, l’autre, le héros, est vivant près de son appareil blessé, mais dont il a vu la blessure déjà puisqu’il a eu l’inspiration d’y courir.
Cobral qu’on emmenait rit sombrement.
— Ho ! j’ai dit qu’il ne partira pas ? J’ai seulement voulu dire qu’il n’arrivera pas. La blessure de l’aigle est invisible. C’est là-haut, en plein vol, qu’elle s’ouvrira et le guide de l’escadre tombera. Qu’il parte ! Qu’il parte ! J’ai fait un beau rêve, vous avez raison.
L’horreur me déchire et me poigne.
— Sainte !