Elle revient à elle. Elle a vu la mort. Elle se demande pourquoi elle n’est pas morte. Ses yeux errent sur tous ces gens et ils se posent un moment sur l’abominable rictus de Cobral qu’ils ne reconnaissent pas.
— Sainte, Sainte, debout, il faut sauver Nanni. Vous entendez, Sainte, Nanni va mourir si vous ne venez pas.
Elle me regarde sans comprendre. Anéantie, jetée sur un fauteuil, elle cherche à deviner ce que je peux dire dans ce langage étranger.
— Sainte, venez. L’heure de mourir guette Nanni.
Est-ce qu’elle ne va pas mourir ? Pourquoi est-elle si pâle ? Ses mains se crispent aux bras du fauteuil. Elle pleure. De grosses larmes. Un sanglot de petit enfant. Ses yeux retrouvent Cobral. Ses yeux flambent. Mais ils reviennent à moi.
— Sainte…
Elle a compris. Elle se dresse. Elle prend ma main.
— Je viens, Nanni ! crie-t-elle.
Et nous fuyons le ricanement infâme de Cobral.
Vingt-deux heures.