Il médite encore bizarrement et conclut :

— Charmante… sympathique… charmante…

Et il appelle :

— Holà, Cobral !… Vas-tu nous faire attendre ?

Cobral est déjà à la grille. Il rit. Je crois qu’il ne s’étonne de rien, même pas de Nanni. Peut-être est-il habitué à lui.

Nous courons vers la grille. Le brouillard flotte comme une vague impalpable où se marque un sillage derrière nous.

Quels sont ces gens ? Qui suis-je ? Je ne sais plus ce que je sais, ni ce que je dois savoir.


L’auto est rangée devant la grille. Elle est très belle, longue, blanche, sentant la souplesse et l’agilité. Le nègre, accoté à un arbre du trottoir, ne prend pas garde à nous.

Cobral nous guide. Nanni m’a pris le bras. Au delà de la route, une plaine. Encerclant un champ immense, des barrières. Et loin, au milieu de cette piste rudimentaire, des hangars. Un grand nombre de hangars.