Nulle réponse. Et on sonne.

Eh bien, que veut-on ? Parlez.

Du silence.

Je me lève. Je cours à la porte. Impossible de savoir s’il y a un seul quelqu’un ou plusieurs quelqu’uns derrière cette porte. A croire que la sonnerie chante d’elle-même.

Mais c’est idiot, répondez, que voulez-vous ?

J’entr’ouvre. On force la porte. Il fait tout à fait nuit sur le palier, et l’antichambre n’a qu’une ampoule masquée de rouge. Un homme se précipite. Qu’est-ce que c’est que cet homme-là ?

— Vous êtes fou de me faire attendre ainsi.

Il crie presque. D’où vient cette voix rauque et si autoritaire ? Je ne connais pas cette voix.

— Habillez-vous.

Il ordonne. Comme si j’allais m’habiller à cause d’un individu qui se jette dans ma maison et qui sort d’on ne sait quelle ombre ! Je sais bien que je suis ridicule avec ce pyjama endossé trop vite, et ma stupeur muette et mon ébouriffement. Je suis ridicule, et puis ? Et puis, je suis ridicule, voilà tout. Je vais me coucher et dormir. Il faut d’abord expulser l’intrus. Quel ennui ! Je ne songe même pas à lui demander compte de son invasion. Qu’il parte, qu’il parte, et Dieu de Dieu, que je dorme !