— Vous attendrez mon bon plaisir.
— Peut-être.
Elle est partie. Nanni est impassible, résolument. Cobral prend un livre sur la petite bibliothèque et le feuillette comme si Pretty n’était pas brusquement disparue, ou comme si elle n’était jamais venue dans cette pièce.
Tout y est bleu et gris. Beaucoup de statuettes. Une chaleur intime. Sur la fenêtre qui découvre les Tuileries et la rue de Rivoli, se profile un Dionysos de marbre. Des livres, des livres. Des fleurs. Une gerbe de mimosas, bientôt fanés mais dont la saveur lourde — une fleur qu’on respire avec la bouche — étourdit.
Nous sommes chez une femme intelligente et qui aime la vie. Pretty me plaît beaucoup.
Cobral se lève et sort du boudoir.
Une sonnerie bientôt. Sonnerie qui insiste. La femme de chambre vient. Elle n’est pas remise de son affolement. Pauvre petite, comme je la comprends. Est-ce que je suis remis de cette matinée hâtive ?
— Mademoiselle attend ces messieurs.
Elle nous mène à la chambre de Pretty. Jolie chambre pensive où il n’y a pas trop de meubles et pas trop de dentelles. Ce n’est pas une chambre d’actrice, Dieu merci. Mais que fait Pretty ? Elle s’est recouchée. Paresseuse !
Cobral est assis déjà près du lit.