— Vous le direz, maintient Cobral…
— Que je le lise, s’il vous plaît.
Elle parcourt le manuscrit. Cobral affecte de s’intéresser au couvercle d’un drageoir ciselé qu’il manie avec des chatteries d’antiquaire. Nanni est comme absent. Comment croire qu’il y a une goutte de sang et une étincelle de nerf dans ce corps statufié correctement sur un fauteuil ? Je ne songe qu’à Pretty, à la délicate Sainte, dont les yeux étroits, la bouche sans volupté et les épaules découragées ont un grand pouvoir de charme triste sur moi.
Elle a lu, elle rit à n’en plus finir.
— C’est beau, ma chère amie ? interroge Cobral gravement.
Sainte, rit, rit, rit éperdument.
— Je savais… oh ! Cobral… je savais… je savais que c’était pour rire… eh bien, je ris… c’est réussi… voyez ! je ris… je ris…
— Pourquoi riez-vous ?
Elle pousse de petits cris aigus.
— Il demande… il demande… vous demandez pourquoi je ris…