— Vous vous décidez à dire des gentillesses spontanées. Il est grand temps. Vous non plus, vous n’avez pas changé d’aspect. Peut-être l’air un peu moins du condottiere. Vous êtes plus moderne. Mais vous avez été malade ? Cela laisse des traces.
— Ce n’est pas la maladie qui m’a changé. C’est la solitude.
— Vous n’aviez pas d’amis ?
— Je n’ai pas d’amis.
— Et Cobral ?
— Je ne le connaissais pas, il y a quinze jours. Et Monsieur n’est mon presque ami que depuis ce matin.
— Vous étiez seul ?
— Comme une île perdue.
— Eh bien, les îles ne vont pas à la dérive.
— Qui vous dit que j’aille à la dérive ?