— Vous ne comprenez pas. Je veux dire que l’isolement a dû vous rendre très fort.

— Très fort, dit Nanni.

On dirait un gamin qui va pleurer.

— Vous voyez que vous aurez le temps de dire votre mot dans cette guerre.

— Mon mot ? Le dernier. Le dernier de la phrase.

— Quoi ? Je n’entends pas.

— Rien de sérieux. J’essayais de résumer mon propre rôle à mes yeux.

— Vous planez au-dessus de la tuerie, je pense ?

— Je suis aviateur.

— Moralement surtout vous planez. Peut-être regrettez-vous l’ancienne cuirasse des ancêtres, envahisseurs de cités et de marquisats. J’ai lu Machiavel pour m’amuser.