Sainte s’assied, renverse un peu la tête et Cobral verse de haut le chocolat dans la petite gueule fraîche de notre amie.
Je ne sais pas ce que je fais là. Je suis heureux d’y être. Je regarde Nanni. Une larme au coin de sa paupière. Elle roule.
Il rit plus fort que moi.
— Venez.
Sainte nous emmène maintenant. Il n’y a plus de soleil sur le lit ou dans la chambre. Une pendule ancienne nous regarde passer dans l’antichambre. Elle bat sa mesure sèchement, fièvreusement, comme si elle avait hâte d’en finir.
Onze heures.
Comme nous atteignons le premier étage de l’hôpital d’Antin, un orage de bravos et de hourras se déchaîne derrière le mur du palier.
Personne pour nous guider. Cobral ouvre une porte, à lui familière, et nous voici dans une grande salle vide. Odeur de phénol, d’iode, d’antisepsie.
Sainte s’appuie au bras de Nanni.
Une autre porte. Le réfectoire.