—Naturellement. Il a bien fallu qu'il la repasse pour venir de notre côté. Le général von Kluck l'a ramené cette nuit à marches forcées.

—On a donc dégarni le front d'offensive?

—Apparemment.

—Mais alors...?

Nous nous regardions de nouveau pleins d'inquiétude.

—Alors... que se passe-t-il là-bas?

Schimmel et Poppe tendaient tous les deux du même geste frémissant le bras vers le sud, dans la direction de la Marne.

—Là-bas... ma foi, je n'en sais rien, répondit le major. Tout ce que je sais, c'est que nous sommes attaqués ici, de flanc, par des forces plus importantes que nous ne pouvions le présumer. Nous avons à défendre tout le plateau d'Etrépilly, Trocy, Étavigny, jusqu'à l'Ourcq. Le salut de l'armée en dépend.

Il avait prononcé ces derniers mots d'une voix grave.

Nous fûmes interrompus par une grosse mitraillade. Des troupes fuyaient en tiraillant par la route de Marcilly. Un feldwebel survint tout sanglant: