Le baron, tout fier d'avoir été jugé capable de citer Moltke, dont il n'avait sans doute jamais lu une page, se rengorgea jusqu'à faire craquer sa tunique.

—Khrr, khrr... souligna-t-il sans modestie.

Très froidement, mais d'une voix blanche qui tremblait intérieurement, Kœnig répliqua:

—Et les traités?

—Quels traités? prononça Poppe de son ton tranchant.

—Les traités, les conventions internationales!

Poppe le toisa d'un sourcil sévère.

—Sachez, mon cher, que les traités sont faits pour le temps de paix, et non pour le temps de guerre.

—Parfaitement, ponctua Helmuth.

—La Belgique, continua le premier-lieutenant, est-ce que cela compte dans une guerre européenne?... La Belgique!... Mais nous passerions sur le corps de trente Belgique, si la victoire en dépendait, si cela nous assurait seulement une chance de victoire de plus!... Tel est mon sentiment, lieutenant Kœnig; tel est aussi, j'en suis certain, celui de l'armée.