—Ah! mesdames, débuta-t-il, je sors de l'audience. Quel triste dénouement! Se peut-il qu'une femme ait pu se résoudre à laisser traîner devant un tribunal, devant le public, le scandale de sa vie privée! C'est fait: madame... cette dame... cette femme... je ne sais plus de quel nom l'appeler... Bref le divorce a été prononcé.

—Contre elle? demanda Réderic.

—Et contre qui, Monsieur? répondit Sénéchal. Le mari aurait sans doute pu... cela se fait quelquefois... Mais n'était-il pas de son droit, je dirai plus, de son devoir, de ne pas ménager, par je ne sais quel esprit de générosité fort déplacé en l'espèce, l'épouse coupable? Oui, Monsieur: le divorce a été prononcé contre elle. L'avocat de M. Facial a été superbe... superbe et simple, car la cause était fort simple...

—Et cette pauvre Pauline, interrogea Julienne, quelle défense a-t-elle fait valoir?

—Comment, vous ignorez? Elle n'avait pas jugé à propos de se faire représenter. Le jugement a été rendu par défaut.

«Drôle de femme!» pensa Julienne.

De moins en moins elle la comprenait.

Mme d'Orgely et la baronne s'exclamaient:

—Par défaut! C'est inconcevable! Elle ne s'est pas défendue!

—J'avais, un instant, l'intention d'assister à la séance, disait Mme Sermais; par pudeur, par crainte qu'on attribue à la malignité une curiosité bien naturelle, par gêne aussi de me montrer dans la salle à l'occasion du désastre d'une ancienne amie, j'avais renoncé à mon projet. Je m'en console: puisqu'il n'y a pas eu de débats, cela n'a pas été folichon.