—Je ne sais pas. Il vaut mieux ne pas vous occuper de cela. Votre mère n'a pas donné d'ordres avant son départ.
—C'est ce qui est étrange. Elle ne pouvait autrefois rester un jour sans s'informer de tout ce que je faisais.
—Aujourd'hui, comme vous le remarquez vous-même, vous êtes devenu grand; vous êtes plus libre, bientôt vous le serez tout à fait.
—Ce n'est pas si gai qu'on dit, je préférerais avoir encore maman avec moi.
—Peut-être reviendra-t-elle une fois. Mais ne vous en inquiétez pas. Les choses arrivent ou n'arrivent pas dans ce monde. Il faut penser au présent, jamais à l'avenir.
—Il est permis cependant de penser un peu au passé!
Il usait encore de subterfuges:
—En sortant de l'église, maman me menait chez ce confiseur. Nous choisissions des bonbons pour le dessert du dimanche. Entrons-y, voulez-vous? Voici ceux qu'elle préférait.
Mais la dame de magasin ne demandait pas de nouvelles de madame. Elle savait donc, elle aussi, ce qu'il ne savait pas!
Marcelin s'étonnait que personne ne s'étonnât d'un événement qui était pour lui invraisemblable. Il lui paraissait parfois que tout le monde conspirait contre lui, qu'on le réservait à un sort terrible, autour duquel le silence se faisait, comme pour un crime. Et il avait des conversations bizarres qui déconcertaient Julienne: