«Il n'a pas perdu de temps, reprit la comtesse, entraînée comme malgré elle à revenir sur ce douloureux sujet.

—C'est encore moi qui en suis cause, dit M. de Valborg.

—Et comment cela?

—En lui apprenant votre propre mariage.

—Ah! Et comment a-t-il pris la nouvelle?

—Très-bien.... c'est-à-dire très-mal!... Je crois qu'il avait envie de me sauter à la gorge. Mais je lui pardonne de grand cœur, à ce pauvre Simiane: car enfin, comtesse, je comprends qu'on ne perde pas sans regret une femme comme vous; pour moi, je ne m'y serais jamais résigné.»

Le chevalier attendit l'effet de ce compliment du dernier galant. Christine ne parut point y prendre garde.

«Ainsi, continua-t-elle, vous lui avez annoncé mon mariage comme une chose tout à fait arrêtée?

—Positivement! et c'est ce qui l'a décidé. Il a eu comme un éclair de rage dans les yeux.... Il n'y avait pas là de quoi flatter infiniment la belle Nadéje! Mais il s'est calmé bientôt, et je puis dire que je l'ai vu prendre sa résolution.

—Je trouve, chevalier, que vous avez mis à tout ceci un peu plus de zèle qu'on ne vous en demandait. Qui vous avait donc chargé de publier ainsi mes bans dans les salons?