«Et pourtant je l'aimais! s'écria Georges, et de toute mon âme!
—Vous voyez bien que non, reprit Maïa, puisque vous en avez épousé une autre. Est-ce qu'elle n'était pas aussi jalouse que vous? est-ce qu'elle n'a pas souffert autant que vous? Cependant Mlle Borgiloff ne l'a pas jetée dans les bras du major.»
Georges ne trouvait pas une réponse; il éprouvait ce vertige qui nous prend quelquefois quand nous nous penchons sur les abîmes.
«Quittez-moi maintenant, dit la baronne; il est deux heures; il faut que je rentre chez elle.»
Georges baisa la main qu'elle lui tendait; elle y sentit tomber une larme.
«Portez-lui mes respects, mes regrets,» murmura-t-il d'une voix suppliante: il allait ajouter.... et mon amour! il n'osa point.
«Ah! dit Maïa en regardant la goutte amère qui tremblait encore sur sa main, c'est cette larme qu'il faudrait lui porter!»
Quelques instants après, elle entra chez la comtesse.
Christine était étendue sur la chaise longue; elle se leva, et, aussi vite que ses forces le lui permirent, courant au-devant de son amie:
«Tu l'as vu! dit-elle en remarquant son trouble; ce visage a vu Georges!»