Le P. Lelong, dans sa Bibliothèque historique de la France (t. IV, Portraits) cite un portrait du même, gravé par Grégoire Haret.
Les Jésuites d'Alençon, grâce à la libéralité de François Foucquet, ne tardèrent pas à s'établir dans l'hôtel qu'il avait habité. Ils y joignirent différents terrains voisins, au moyen de concessions ou d'acquisitions, et leur collège devint ainsi un des plus beaux et des mieux installés de la province.
Le 7 février 1674, Nicolas d'Argouges, marquis de Rasnes, leur donna, par brevet daté de Saint-Germain-en-Laye, «permission de conserver, en la maison de défunct Mgr l'archevesque de Narbonne, les mesmes ouvertures et les mesmes veues sur le fossé et d'en jouyr, ainsi que du jardin dressé par luy dans ledict fossé, en la manière qu'il en a jouy.»[14]
Pour obtenir la confirmation de cette concession par l'intendant de la généralité d'Alençon, qui était alors Michel Colbert, les Jésuites présentèrent quelque temps après la requête suivante:
«Supplient humblement, etc., et vous remontrent que les habitans d'Alençon leur auroient cy devant accordé un établissement dans lad. ville d'Alençon et délivré une maison pour leur habitation, même quelques autres bâtimens de peu de valeur, pour servir aux trois ou quatre classes auxquelles les dits supplians s'estoient obligéz, par le traité fait entre eux et les dits habitans. Et parce que les dits bastimens n'étoient suffisans pour leur logement et les classes destinées pour les écoliers, ils avoient été obligés de traiter avec le sieur de Bellegarde d'une maison située dans la dite ville, joignante les murailles d'icelle et habitée pour lors par Monseigneur l'archevesqne de Narbonne, lequel avoit fait ouvrir la muraille en quelques endroits pour y pratiquer une porte pour avoir communication, par le moyen d'icelle, d'un herbage à eux appartenant, joignant les dites murailles. Il auroit aussi fait faire quelque ouverture pour pratiquer une croisée et, par le moyen d'icelle, une vue sur le dit herbage, ce qu'il auroit fait du consentement et par la permission qui lui avoit été accordée par Monsieur de Rasnes, cy devant gouverneur de la ville et chasteau dudit Alençon.
«À ces causes..., mon dit sieur, le public ne recevant aucune incommodité ni préjudice des dites ouvertures, il vous plaise autoriser les dits supplians d'en jouir à l'avenir.»
Restait à régler la question des 7,000 livres avancées par l'archevêque de Narbonne pour l'acquisition de cette maison. Il y fut pourvu par un acte fait devant les notaires de Moulins, en date du 29 octobre 1674, qui contient les stipulations suivantes:
«Dame Marie de Maupeou, veuve de messire François Foucquet, conseiller d'État ordinaire, héritière par bénéfice d'inventaire de deffunct messire François Foucquet, son fils, aussy conseiller d'Estat, archevesque et primat de Narbonne, demeurante au dit Moulins, paroisse d'Izeure, exécutant le dessein et la volonté que le dict sieur archevesque a tousjours eu et continué jusques au jour de son déceds, de son gré, a remis, quitté, cédé et transporté, dès maintenant et à tousjours, aux révérends Pères Jésuites du collège d'Alençon, province de Normandie, le révérend Père Claude, de la Mèche, recteur du collège du dict Moulins, stipulant et acceptant, pour eux et leurs successeurs...
«Sçavoir la somme de sept mille livres deue au dict deffunct seigneur archevesque, par les dicts révérends Pères Jésuites du collège d'Alençon, suivant le soussigné faict entre luy et les révérends Pères Pierre d'Ozenne et Jean Davy, recteur et procureur du dict collège d'Alençon, sous la date du 23 may 1672.
«Cette remise et cession ainsy faite par la dite dame de Maupeou, gratuitement et sans aucune autre charge ni condition, sinon que l'église du dict collège sera consacrée à l'Immaculée-Conception de la sainte Vierge et qu'elle en portera le nom et le titre, par cy après. Comme aussy que le révérend père général des Jésuites sera prié d'ordonner qu'à l'offerte de la grande messe qui sera dite et célébrée en l'église des Révérendes mères religieuses de Sainte-Claire, annuellement, à chacun vingtième octobre dont il sera parlé cy après, il soit fait un sermon par un des pères de la Compagnie sur le sujet des peines du Purgatoire et sur l'obligation que les fidèles ont de prier Dieu pour le repos des défunts; et que tous les mois, il sera dit une messe dans ledit collège, par l'un des pères d'Alençon, pour le repos de l'âme dudit seigneur archevesque, et de faire en sorte qu'a l'exécution et entretenement de la dicte fondation, en la forme et manière que dessus ne soit jamais contrevenu, pour quelque cause que ce soit, et que le tout soit exécuté ponctuellement et de bonne foy.