Hurricane est parmi les plus enragés. Il a payé vingt dollars pour la nuit. One-step, valse, polka, fox-trot, tout lui est bon pourvu que la danse l'entraîne. Il se grise de mouvement et de bruit jusqu'à ce que son cerveau soit pareil à une boîte vide.
Billikins erre, mélancolique, au milieu des danseurs ; son chapeau melon, enfoncé jusqu'aux oreilles, laisse passer des mèches grises ; il traîne ses mocassins dont les lanières pendent comme de coutume.
De-ci, de-là, il attrape un whisky, un gin, un cocktail, un cognac, Billikins, éclectique, accepte et absorbe tout ; une ivresse pesante l'envahit, mais plus il est ivre, plus son visage est assombri ; les rides tirent la face lugubre.
Entre deux quadrilles on boit.
— Vous voudriez?
La fille demande :
— Je voudrais un cocktail aux œufs.
— All right, c'est une chose possible.
On apporte les deux verres avec la cerise traditionnelle et le non moins traditionnel chalumeau. La dancing-girl, la bouche en cœur, tette la paille avec une mine de chatte gourmande. Après plusieurs goulées, elle s'arrête, passe sa langue sur ses lèvres.
— Quel est votre nom?