Il veut tendre les bras. Une douleur l'assaille. Pourquoi? Et la souffrance le ramène à la réalité. Les scènes mouvantes se succèdent sur l'écran, précises, et la jolie poupée aux gestes câlins est cassée net par son geste violent.

Le cinéma, le coup de feu, la ruée, la bataille, la nuit…

Et maintenant il est ici, abandonné de tous ; la femme, là-bas, indifférente, une infirmière sans aucun doute. Et la main valide pend, désolée.

Non, une sensation douce et chaude monte en lui. Quelqu'un est là, dans l'ombre, qui le protège, un ami attentif et patient.

Hurricane-chien lèche les doigts de son maître à petits coups de langue.

Alors, doucement, le malade palpe le museau, tapote les bajoues ; la main remonte, remonte et s'arrête sur le crâne ; les doigts grattent, grattent, et la bête gémit.

A ce gémissement, la femme se retourne.

— Ah! vous revoilà, cher. Vous nous avez fait grand'peur, savez-vous?

— Flossie!

Il y a un tel étonnement dans les yeux d'Hurricane que la jeune fille rit.