— Bien, oui, Flossie! Cela vous surprend. Allons, ne tourmentez pas votre pauvre tête, elle a subi un rude assaut. On vous expliquera plus tard, si vous voulez. Pour l'instant, il faut être sage. Vous avez une belle chance. Tenez, le soleil lui-même vient vous dire bonjour.

Flo écarte un rideau, une nappe lumineuse baigne la chambre.

Un sourire se forme aux lèvres du garçon.

Des chansons montent de la rue, des bottes martèlent le trottoir de bois, il y a des appels et des rires.

La vie est là, présente. C'est bon, la vie!

Et la poitrine du jeune homme se gonfle d'espoir. Les drogues, les fioles, l'odeur de la fièvre, la maladie, pouah! Un rayon de soleil chasse ces miasmes. Il revient de loin, il en a la sensation nette. C'est pourquoi il respire à grands coups. Ça le mord encore au côté, à l'épaule, à la cuisse, mais il faudra bien que la bête dénoue son étreinte. Il est sain, il est vaillant, il est solide. Il est surtout vivant.

Il regarde, face à face, les souvenirs porteurs de méchantes pensées. Dolly, poupée blonde, dressez-vous! Vous ne pouvez tenir debout, votre corps est cassé en deux comme celui de Polichinelle. Emportez la marionnette! Ses yeux ne peuvent plus rien, un voile de mort abaisse les paupières sur le regard.

Véritablement, son cœur est libre, son cerveau lucide.

Une idée l'assombrit.

— Gregory?